L’accès à la propriété serait-il un luxe ?

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Une situation paradoxale

La situation est paradoxale. D’un côté, les pouvoirs publics mettent en œuvre de nombreux dispositifs sensés faciliter l’accès à la propriété des ménages français. Cependant, d’après une enquête sur le marché de l’immobilier réalisée par IPSOS et ORPI, l’acquisition d’un logement est difficilement réalisable pour presque 25 % des Français. Certes, la détention d’un bien immeuble constitue, aux yeux d’une grande majorité des habitants, une protection contre la précarité, mais c’est encore un luxe pour bon nombre de foyers.

Les études ont révélé que 47 % des locataires ont abandonné leur rêve de devenir un jour propriétaires. La principale raison évoquée étant l’insuffisance de moyens financiers pour concrétiser un tel projet. Ce contexte est surtout tangible au niveau des Franciliens, où 81% des locataires n’espèrent plus pouvoir accéder à la propriété. Plus d’un tiers des personnes qui projettent l’acquisition d’un bien immobilier ne disposent pas en effet d’assez de capital pour s’engager dans un pareil achat.

Réticence à l’emprunt

Chaque ménage ne disposerait en moyenne que d’un apport personnel de 32.740€, ce qui implique le recours à d’autres sources de financement, en souscrivant à un crédit classique auprès d’une banque, avec toutes les contraintes y afférentes. Par ailleurs, la mise en place du prêt à taux zéro n’a pas apporté les résultats escomptés. Les objectifs déclarés ne correspondaient pas avec les réalisations sur le terrain. Les candidats à l’emprunt étaient quelque peu réticents et seulement un Français sur deux a eu recours à ce type de crédit.

À ces problèmes individuels s’ajoutent la morosité et l’instabilité de la conjoncture économique. L’accès à la propriété devient, plus que jamais, un luxe pour un grand nombre de Français qui évoquent les prix trop élevés des biens immobiliers. Plus de la moitié des personnes interrogées ne désirent pas s’endetter pour de longues années, d’autres redoutent les multiples difficultés pour obtenir un prêt immobilier. En tout cas, le contexte démontre la faiblesse du pouvoir d’achat des habitants de l’Hexagone, pour un bien immeuble, et leur ignorance de leur capacité à l’emprunt.